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Her Gyfieithu Ty Cyfieithu Cymru - Oxfam Cymru - Y Darn i'w Gyfieithu

Her Gyfieithu 2010 Ty Cyfieithu Cymru - Oxfam Cymru
Isod mae’r darn a osodir fel Her Gyfiethu 2010 Ty Cyfieithu Cymru - Oxfam Cymru.  Daw’r darn o’r stori fer, La folie était venue avec la pluie gan yr awdures o Haiti, Yanick Lahens, a ysgrifennwyd yn y Ffrangeg yn wreiddiol.
Yr her yw cyfieithu’r darn o’r Ffrangeg i’r Gymraeg neu i’r Saesneg.  I ddarllen y stori yn ei chyfanrwydd, cliciwch ar y ddolen gyswllt ar waelod y darn isod.   
Dyddiad cau yr her yw 12:00yb, Gorffennaf 16eg 2010 a’r beirniaid yw Patrick McGuinness a Gareth Miles. 
Dylid anfon eich cynigion at Sioned Puw Rowlands,
neu
Her Gyfieithu 2010
Cyfnewidfa Len Cymru
Sefydliad Mercator ar Gyfer Cyfryngau, Ieithoedd a Diwylliant
Prifysgol Aberystwyth, Campws Llanbadarn
Aberystwyth SY23 3AS
Caiff enw’r enillydd ei gyhoeddi am 11 o’r gloch Ddydd Iau, 5 Awst 2010 ar stondin Prifysgol Aberystwyth ar faes Eisteddfod Genedlaethol Blaenau Gwent a Blaenau’r Cymoedd. Y wobr yw comisiwn i gyfieithu'r stori fer yn ei chyfanrwydd, dwy noson yn Nhy Newydd - Ty Cyfieithu Cymru a Ffon Farddol 2010.
Dyma'r darn: 
La folie était venue avec la pluie
gan Yanick Lahens
Août touchait à sa fin. Mon enfance aussi mais je ne le savais pas encore. Dès le commencement de l'après-midi, les nuages, comme un cortège d'anges maléfiques, avaient obscurci le ciel, aiguisant les colères, réveillant les soifs, les faims et la méchanceté des hommes. Et depuis que le corps de Mervilus avait été trouvé la veille dans une ravine non loin du quartier des Dalles, la folie comme la mort, comme l'enfance arrachée, était venue avec la pluie. Très vite les rues furent inondées par ces averses qui s'abattent toujours en cette saison et nous retournent l'âme comme une terre à labourer sans merci.
Quatre hommes avaient porté sur leurs épaules, en direction de la maison de Désilia, le cadavre de Mervilus recouvert d'un drap blanc. Ils avançaient péniblement comme un tap-tap qui se serait enlisé ou un navire qui tanguerait sous les assauts du vent. Leurs jambes s'enfonçaient dans la boue et ils hurlaient leur colère, la pluie frappait leur torse nu de ses lanières acérées et ils rugissaient encore plus fort. Tenant Jonas, mon jeune frère par la main et courant à en perdre le souffle, je rattrapai ma mère autour de cet équipage fougueux, mêlant ma voix aux gémissements des femmes, à la stridence de leurs cris, aux hurlements des hommes. La nouvelle était arrivée jusqu'à Désilia qui rejoignit le cortège à mi-chemin. Quand l'un des hommes souleva le drap, Désilia poussa le long cri plaintif d'un animal qu'on égorge. Les yeux révulsés, agitant les bras de droite à gauche, elle déchira ses vêtements et courut dans tous les sens, faisant gicler sur son passage l'eau des mares entre les cases. Très vite Boss Charles et Rameau la rattrapèrent de leurs bras robustes. Épuisée, Désilia se laissa encercler et nouer comme une bête en captivité. Aidée d'Espérance et de Nerlande, ma mère entoura ensuite la taille de Désilia, d'un grand mouchoir. Question d'aider la douleur, là dans ses flancs, à faire son temps et son nid comme on porte un enfant.
On installa le corps dans l'une des deux pièces de la case puis, comme le veut la coutume, on recouvrit l'unique miroir d'une pâte d'amidon pour enlever à Mervilus toute envie de surgir de cette surface lisse pour venir troubler le repos et le sommeil des vivants. Espérance s'occupa de la toilette du mort et ma mère entama les préparatifs du bouillon pour la veillée. Zuléma offrit les abats, Nerlande le malanga et les carottes, Conceptia le cresson et les bananes plantain.
La pluie s'apaisa dès les premières ombres. J'aidai ma mère à préparer le repas, à servir le café à ces hommes rustres, ces hommes de désir et de privation qui posaient sur moi leur regard de fièvre comme s'ils cherchaient des pistes de feu. Jonas ne tenait plus en place, la journée avait été longue. Il jouait encore pieds nus dans les flaques d'eau à l'entrée de la maison de Désilia. Et bientôt, me tirant par le bras, il réclama vivement ces images brillantes et dures que, dans la lumière déclinante du jour, je prends plaisir à convoquer pour lui. Rien que pour lui. Et qui à force, étaient devenues comme sacrées. Celles des algues phosphorescentes, des cohortes d'anges et de lutins, des sentiers aux senteurs de goyaves, de blessures tracées dans l'os par la pointe d'un coutelas, d'ogres se rassasiant de chairs d'enfants et de crépuscules mauves.
Après le repas, les hommes se partagèrent trois bouteilles de rhum et d'autres alcools, du trempé d'anis et de cerise et jouèrent aux dominos toute la nuit. Trouant la mélopée dont les femmes, lèvres serrées, âme cousue, enveloppaient la nuit, les hommes évoquèrent à tour de rôle les souvenirs du défunt. Mervilus était parti marauder dans les quartiers du haut de la ville et il n'avait pas eu de chance. Baptiste parla plus que les autres. Baptiste a toujours admiré Mervilus, bien plus jeune que lui, qui possédait une arme et arrivait à faire vivre Désilia et son fils Kesnel mieux que toutes les femmes et tous les enfants du quartier. Sans compter Mimose qui travaille chez un couple de médecins à Péguy-Ville, dans une villa cachée derrière de hauts murs, enfouie sous d'épaisses bougainvillées. Baptiste n'avait jamais osé l'accompagner dans ses tournées. Mais Mervilus savait comment les faire rêver, lui et les autres.
Mervilus militait au parti des Démunis. Des militants du parti étaient venus un après-midi jusqu'à notre quartier dans un grand tumulte de voix. Elles étaient aussi fortes que celles qui éclataient au carnaval ou dans les sermons des Adventistes du Septième Jour. Ce jour-là ma mère et moi revenions à peine du marché. Je la vis poser son panier sur le seuil de la maison et rejoindre, au bout de la rue, le groupe des hommes et des femmes qui discutaient avec animation comme si leur vie en dépendait. Agglutinés contre les deux camionnettes des hommes du parti des Démunis, nous buvions les paroles des orateurs qui nous décrivaient un bonheur d'une rare extravagance, celui que les riches ne nous avaient jamais laissé entrevoir. Les mots puissants, magiques firent fondre en un instant notre épaisse carapace de doutes et de méfiance. Et bientôt l'agitation gagna aussi les enfants. Au son d'une musique nasillarde et frénétique, improvisée pour la circonstance, Jonas et moi nous nous déhanchâmes avec les autres, bien au-delà du départ des militants. La vie avait ce jour-là un goût d'eau fraîche et d'étoiles.
C'était il y a deux ans déjà. Depuis, à en croire Boss Charles, le parti des Démunis était devenu cinq fois plus riche que l'ensemble des partis des Riches. Et puis il y avait la mort de Mervilus qui était venue tout changer.
Er mwyn darllen y stori fer yn ei chyfanrwydd ewch i:
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/lahens_folie.html  

 

Darllenwch y darn y bydd angen i chi ei gyfieithu er mwyn cymryd rhan yn Her Gyfieithu Ty Cyfieithu Cymru - Oxfam Cymru a chliciwch ar y ddolen gyswllt er mwyn darllen y stori yn ei chyfanrwydd.



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